Recyclage éclectique

Désorde d'idées, de textes, d'impressions et d'opinions recyclés dans un but écologique.

18 mai 2007

couleur nocturne

La nuit, je fais de l'insomnie, moi. Comme, sûrement, plein de gens. Et parce qu'à l'école on a fait de la poésie durant toute une nuit, blanche, blanche, blanche, je trouvais que c'était de circonstances.

En réalité, c'est de moi qu'augure la circonstance, peut être que vous ne la sentez pas, il faut la comprendre, et l'entendre. Elle ne vous parlera pas au début, mais au moins vous goûterez la mienne.

Blanche

Elle est un drap qui nous recouvre.

Elle est une lanterne qui me tient éveillée.

Elle est latente dans les heures.

Elle est la clé dont la serrure couvre

toutes nos folies. Elle vient massacrer

la clarté dont jouissait les horreurs.

Sa noirceur froisse d’une main ce qui nous effrayait :

nos déchets humains, à froid dans le jour,

cruellement exposés, à nos yeux, sensibles.

Elle se déploie sur nous, elle tait,

notre toux : les hurlements trop lourds

de la douleur dont nous sommes tous passibles.

Elle déborde dans mes mains.

Elle coule sur mes yeux, en ouvrant mes paupières,

dépoussière mes idées, et casse ma fatigue.

Elle craint le matin

et repousse mes œillères.

Et ma tête qu’elle irrigue,

ouvre ses voiles.

C’est si rare qu’on sent le vent

transpercer son regard,

assourdir dans nos creux, nos plis, le mal.

Et peu importe vraiment le moment,

Où ses cheveux m’ abordent, épars,

la nuit est toujours là, fidèle et belle.

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02 mai 2007

Vivre

On pense toujours à l'esquiver. On veut en finir. Quand on s'accroche, qu'on se fait mal. Quand l'une des parties de notre corps nous fait souffrir,

on veut l'enlever: la douleur. La retirer, sans rester, une seule seconde, dans une position un tant soit peu inconfortable.

Il vente très fort. L'eau me semble un immense miroir dont la glace se moule dans les déboires de l'aire. Le souffle sur nous force le mouvement de la track aqueuse de notre canot. Lui, Il suit les rails, ou le métronome de nos coups d'aviron, de nos mouvements de bras. Mes épaules roulent comme si elles tournaient sur une vis. Mes jambes forment un angle droit, dans mes genoux. Et le creux de mes pieds, nus, enrobent la barre de portage, pour éponger l'effort. Je les pousse, presque, dans le bois, rugueux. Je sens une écharde dans mon pouce.

Je continue de faire aller, toujours calés dans le même mouvement régulier, mes bras: moteur. Et j'ai mal. Mon bras gauche est complètement engourdi, ma main droite est figée, enroulée sur la rame. Qui fait avancer mon canot, qui pointe vers rien du tout, sinon des arbres, au loin, et qui revient de rien de tout, sinon, de l'eau. Limpide et forte. Et lourde, dans les muscles de mes bras.

Dans les moments où notre réflexion est étouffée automatiquement par l'envie d'en finir, et de revenir à l'état, soudainement jouissif, où l'on était banalement, au neutre, sans douleur. On y porte jamais vraiment attention, mais on passe notre temps dans le confort. On est constamment ouaté. On s'accroche le petit orteil; on crie.

Avoir mal, un instant. Chasser, en y mettant une seconde de réflexion, l'idée d'arriver rapidement, et systématiquement au de-là du moment désagréable. Puis, considérer, nue, la douleur. Les pleurs qui viennent, notre peau qui est meurtrie et qui brûle, notre coeur qui s'émiette, nos tempes qui jouent du tambours...Rester quelques secondes dans l'instant fugitif: présent. Être presque en symbiose avec la seconde qui meurt dans une aiguille quelque part.

Et quand on revient de cette douleur, on vit, délicieusement, notre confort. La douceur du moment tapisse notre corps.

Au lieu de toujours envisager, penser à la suite, à toujours imaginer l'avenir, toujours rêver à demain...alors qu'aujourd'hui brûle dans nos mains.

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26 avril 2007

Noeuds d'aorte

Pour les autres, elle sait se taire et comprendre. Hocher, avec attention, se faire lancer de haut en bas dans les trémolos d'une conversation, d'une confidence. Elle a 17 ans; le coeur qui est plein d'angoisses et personne pour les prendre dans ses mains et les observer avec elle. Il n'y a personne pour défaire ses noeuds. Elle a plein de fils qui rentrent n'importe où et qui s'enlacent dans son ventre; aucun de ses amis pour s'asseoir avec elle et les déjouer, les détordre, en rire. Durant l'entrelacement, outre le démêlage, il y a des poires et des tartes qui traînent autour, il faut bien qu'on puisse les prendre par le cou, les emmener se défoncer la rate en fixant ces noeuds qui nous creusent; que nous sommes.

Elle les suit lorsqu'il la plonge dans leur jus d'eux-même. Ils lui enfoncent leur pillule d'égoïsme dans le creux de la gorge, elle ouvre grand et ils la bourrent. Et lorsque, saturée, elle doit décantée, ils sont déjà partis, pour aller se rebousiller. Mais ils reviendront pour qu'avec ses tympans de fée, elle délie les noeuds qu'ils referont sans jamais cesser de s'entortiller. Mais personne ne pense donc à ses tourbillons à elle. Et quand elle ose, la bouche entrouverte, expirer une larme de tripes, les murs attaquent l'écho de sa voix, et les têtes hochent, sans porter attention. Par politesse. Personne n'a besoin d'amis polis.

Il y a des fléaux. Et nous les regardons tous passer sans réagir. Ou si peu.

Et le monde entier me dégoûte quand leur égocentricité dégouline; Ils ont du ketchup plein les doigts, fixent le jus de moutarde qui leur coule sur les ongles et les genoux...On veut s'aimer. On veut aimer. On veut gicler des grands «je t'aime» sur les visages du public si gênant, si pressant. Pourquoi ne pas commencer par tisser des mots que vous prendrez le temps de donner, joliment, bien emballée, et sincère, parce que sinon, c'est pas la peine. En recevoir d'autre, et trouver la force de les glisser patiemment dans sa tête. Parce que ce sont ceux de la bouche que l'on aime. C'est long; et qui prend le temps.

Alors qu'ils veulent tous l'avoir: la fille, le gars. Dans leurs bras. Maintenant.

Mais c'est tellement facile d'aimer; oui d'aimer soi-même, sur la bouche, de l'un de l'autre. Dans le regard de lui ou d'elle. Se mirrer, ah! narcisse, dans l'iris de n'importe qui: tant qu'on est beau à traîner à deux.

Des personnes qui s'emmêlent dans leur noeuds parce que les amis, les proches: leurs amours, ne prennent pas soin d'eux, il y en a à chaque extrémité. À chaque coin. Chaque tournant vous en balance un dans la figure.

Les bras dans chaque coeur, un à un, il faut les désentortiller. Leur fignoler des sourires dans les confidences.

Il faut tellement s'écouter.

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15 avril 2007

Mariposas revoloteran en nuboso bosque de costa rica

morpho


arbol

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11 février 2007

Je te prête mon kaléïdoscope

à tous ceux qui sont restés et qui ont vu ceux qui sont partis avant. sans attendre leur tour : sans respecter les règles du jeu

Pour tous ceux qui n'ont pas eu le courage. Ces personnes dont les munitions étaient mal évaluées. Personne ne leur a expliqué qu'ils n'avaient pas le droit? Ils n'ont pas eu accès aux règles du jeu: tu finis ton chemin.

Peu importe de dériver. Viens on prendra un long détour, ensemble, main dans la main. Perds toi. Tourne: à gauche à droite, tourne tout droit. Marche sur les mains; jusqu'à ce que tu vomisses d'avoir la tête dans la terre. N'attend pas les intersections. Prend l'artère de ton coeur et contruis toi le chemin le plus fluide, impossible. Prend des sous-bois. Pète toi la gueule. Tombe, flanche, et relève toi seul, si personne ne te ramasse. Chois dans des maux fangeux. Dans des moments boueux.

Dégueule. Souffre.

Mais ne brise pas ton sentier. Tu ne sentiras rien. Si tu romps ton pavé, c'est au pauvre bouggre d'en dessous qu'il faut dédier toutes tes pensées. Lui recevra les éclaboussures de ton échec. Les pierres, le marbre et ton gravier lui écorcheront le crâne. De longue fissures de sang lui dessineront des formes sur l'épiderme, mais toi tu n'y verras rien. Et d'autres, encore, recevront le poids de cette crevaison désespérée. En dessous, chacun selon sa proximité, ils recevront tous quelques pièces de ton sentier inachevé.

Je voudrais te prêter mes yeux. Mes verres de caïman fou. Le monde sortirait de son excavation, triste et pragmatique, pour sauter dans une torsade de projets psychédélique assourdissant le reste. Le laid. Je te les prêterais, pour que tu vois toutes les coccinelles et les lobes d'oreilles doux. Et que les sillons de nos vies se déploient plus légèrement dans ton regard, et que le noir qui assombrissait, irradie, maintenant de folie. Seule méthode de survivance.

Prend les. Et les influs nerveux qui chantaient dans mes yeux, illumineront les tiens.

Et quand ton ventre cueillera la barre qui sert d'obstacle au pont, à la route, à toi, à ton saut, pars: loin de ce vertige.

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07 février 2007

Insomniaques rétros

Desfois,( je sais tout le monde le fait, vous n'arriverez pas à vous cacher, vraiment tout le monde est complice, tout le monde en souffre un peu, au moins,) on écoute de la musique. De la vieille musique, des chansons kétaines qu'on connaît par coeur un peu sans le vouloir, malgré nous. C'est comme de la ouate dans laquelle il fait bon s'effondrer, la boîte cânienne n'est nullement sollicitée et peu importe votre âge ou vos classiques, c'est mollement réconfortant.

Carpenters, quand il fait froid, et qu'on veut chanter comme une cloche sans s'entendre (le volume a besoin d'être fort). Dites moi que Mister Postman n'est pas une chanson merveilleuse. Enchaînez avec Chris de Burgh et levez vous en glissant vos pieds sur le plancher quand vous sortez pieusement: Patricia is the best stripper in town. Si vous êtes en forme (vraiment) sortez Jo Dassin. Et pas un remake de Guy A. Lepage et Marc Labrèches:  on veut le vrai et l'unique Jo, selui qui chante avec des choristes (pitounes) qui répètent toutes les phrases en y croyant tellement, qu'on mord à l'hameçon. Après quelques tours, vous êtes tannés des slows, faites jouer aerosmith et déposez tranquillement votre tête , switchée à off pendant que vous dansez sur Walk this way, en espérant avoir les cheveux longs, une guitare électrique contre la hanche et un gros tatou, n'importe où. Dans le même beat, on lance Queen et Kiss, tant qu'à y être (et on saute: c'est de la musique démoniaque, enfin ça l'était), sur n'importe laquelle, mais on omet pas de chanter Crazy little thing call love.

Et ça continue toute la nuit.

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02 février 2007

Dreamer, nothing but a dreamer

« Ça ne changera rien. Money rules the world. La vie continuera. Rien ne va basculer. Tu sais que tout ça, ça ne fera rien. L'environnement, les gens ça les dérangent pas vraiment. You know it. »

John Lenon était un rêveur. Laure Waridel est une rêveuse. Nicolas Dickner est un rêveur. Victor Hugo était un rêveur. Et Jacques Prévert.

C'est comme un grain de sable sur une plage. Chaque effort. Traîner un éléphant pour faire la différence sur un nanomètre de bout de monde. Un tout petit peu, au moins. Pour aller contre le courant de tous ceux qui nagent en disant que ça ne fout rien. Qu'est ce que ça peut faire si je suis tout seul à faire attention. À m'efforcer de faire pour le mieux. Donner mon meilleur s'il n'y a que du pire. Mais il y a des pyramides et des orchidées aussi. Il faut les voir un peu. Ça change rien si je suis seul.

Rien.

Mais si on est mille à chanter imagine, alors peut être que du haut d'une grande et gigantesque tour à bureau quelqu'un nous entendra.

S'il entend: Soit il se tire en bas. (C'est pas possible de continuer en écoutant ça): Soit il tombe et nous rejoint.

Ne brise pas le rêve, le mien, celui de millier de personnes qui sont extraordinaires. Le bateau ne tient qu'à ça. La barque navigue sur des eaux oniriques et si on les retire, ce n'est que le néant.

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25 décembre 2006

éperdu

Un couple, c'est un peu comme une bombe à retardement: ça va sauter, c'est sûr et, comme un explosif, on ne connaît pas d'avance l'ampleur de dégâts, ni le moment de l'explosion. Alors, est ce que ça vaut la peine: La douleur, les larmes et l'incroyable désastre cardiologique qui menace de nous envahir? Même si on sait, d'avance, que tout est sur le point de voler en petits morceaux et de nous lacérer le visage, on plonge. Enfin, beaucoup d'entre nous s'y lancent. Ils s'attachent pieds et poings; fidèles. Ligottés de haut en bas. Des lèvres aux mots.

Comment composer avec un être entièrement différent, et s'accorder, et s'entendre sur le même ton, alors qu'il y a milles et milles et encore plus de combinaisons possibles. Poser, pas à pas, des notes qui faussent les unes sur les autres. Apposer sur une partition immatériel les sons d'une mélodie discordante.

Et fausser ensemble, en disloquant un peu de nous même. Je sais rien.

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11 décembre 2006

Divagations sur thème littéraire

Écrire n'est pas un acte d'amour.

À l'occasion d'un oral de français, il nous fallait philosopher, disserter et disséquer le pouvoir des mots. Voilà. Le thème, c'est le pouvoir des mots.

Écrire n'est pas un acte d'amour.

Tout en réfléchissant à certaines des  questions, en équipe, nous avons tenté d'y répondre du mieux possible. Avec notre base, un secondaire inachevé et notre culture personnelle. Qui, soit dit en passant, est très limitée. Nous voici donc lancé dans un débat, pérorant à tort et à travers, plongeant sur la littérature que j'ai, pour ma part, à peine encore effleurée. Un coup d'oeil sur le monde des mots que nous avons de loin survolé, nous suffit pour nous imposer sur des sujets, flous, vastes, relatifs. De volubiles discours rhétoriques semblent s'entrecouper.

Écrire, c'est un fruit de la passion.

La quatrième question arrive. Mon estomac virevolte. Je ne sais pas pourquoi. La question est simple. Et en très peu de mots: Écrire; est-ce un acte d'amour?

Non. Non . Non. J'essaie de comprendre pourquoi c'est la seule réponse qui me vient en tête. Non.

Écrire. C'est la passion. C'est la passion et seulement la passion. Passions amoureuses, haineuse, folles, psychotiques, absurdes...La passion inclut dans sa définition, et on le perçoit bien entre ses lettres, une souffrance inextinguible. Qui se vit. Qui s'accepte. Qui ne se repousse pas. Les écrivains couchent sur papier une douleur incroyable et par leurs livres et leurs oeuvres, ils ressentiront encore la douleur d'avoir dû coucher tant d'eux même sur papier. Sur des feuilles qu'ils laisseront partir. Qu'ils laisseront disparaître de leur intimité et de leur ventre.

Les auteurs écrivent par passion.

Leur douleur prendra une forme infundibuliforme; plus les mots prennent de place et plus on se vide pour écrire, plus la souffrance va en croissant.

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21 octobre 2006

on rock garden restaurant

prologue: Tu es unique et extraordinaire.

Il est 11h00. Le cul mouillé, elles parlent. Comme pour extirper le non-sens du monde, entier et morcellé, qui les guette et qui les gruge, parfois. Elles sont dépareillées; deux morceaux étranges qu'on aurait assemblés. Comme deux pièces de puzzle; s'emboitant parfaitement, provenant de deux images, de deux boîtes différentes. Elles s'accrochent, et l'âme parle entre les silences voluptueux. C'est une pause de leurs mots, de leurs maux; elles n'ont pas besoin de constamment s'expliquer. Dans leurs délires les plus psychotiques, dans leurs drames les plus déchirants, elles se prennent la main. Pour ne pas tomber. Lorsque l'une choit, trop pesante, trop déséquilibrée, l'autre est là, pour relancer le mouvement: Le balancement de nos vies, de nos solitudes, et de nos certitudes précaires. Il fait froid, il y a des autobus bourrés de déprimés qui passent devant elles. Mais elles sont très loin, et sous la nuit, à deux, ça va. Les larmes sont recueillies par l'amitié, au lieu de sombrer dans l'oubli, devant le « buffet chinois, livraison rapide »:On rock garden restaurant.

Il y a deux bières, sur le perron. Elles gardent leurs pieds roulés sous leur corps. Elles réinventent le monde, et dissertent la tête dans l'oreille de l'autre. Pour se prendre soin et pour disjoncter à deux, au lieu de faire exploser leurs fusibles cérébraux, seules. Les rires giclent comme des étincelles. Assises confortablement, pour quelques minutes, dans la vie, comme il est si rare de s'asseoir.

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