08 juin 2007
Discourir
C'est la fin du secondaire dans peu de temps.
Il y a eu, pour nous féliciter, ou nous faire pleurer, (c'est au choix): les discours de la direction, la fête de fin d'année, l'album des finnissants, les prix citrons (interrompus par des hordes de criquets), le chandail des finnissants, le rite.
Le rite? À l'église. C'était censé être la fête la plus importante. Ça m'a à peine pliée-à part quelques petits souvenirs, quelques petites réminiscences du lieux, des lieux, parce que les endroits, ça nous ligote toujours c'est immanquable-ça m'a pas fait un pli vraiment, pas de larmes. On a tendance à tout recouvrir de tardinade rose les souvenirs. Et surtout dans ce cas-ci.
«5 belles années.» Je suis d'accord.
«Toujours avec le sourire». Non. Quel sourire? Celui du garçon qui s'est fait poussé dans les casiers par une bande tarés. Et qui n'a pas d'amis pour aller leur casser leur sale gueule de vantards.
Celui de celle qui bégaie en faisant ces oraux, qui a pleuré la veille d'avoir à parler devant la classe.
Celui de la fille qui a échoué son examen, qui avait travaillé pendant des mois pour s'améliorer.
Celui de celle, de celui, qui se tient dans une salle, entouré de 400 personnes, et qui jamais de sa vie n'a eu autant envie de fondre dans un casier et de pleurer sa solitude ample et floue. Qui se sent seul, seul à tomber évanoui.
Non. C'était cinq belles années, Regina Assumpta a eu du bon, du mauvais, pas plus d'un côté que de l'autre. Il n'y a pas de bilan, seulement des survivants, ou plutôt des poursuivants, qui, quelque uns, en tout cas, sont plein de suite.
Il y aura, la graduation, le bal, l'après bal et bien sûr, encore quelques discours qui ambitionnent les larmoiements, et qui tuent tout ce qui restait de miettes de nostalgie. À force de tordre notre vague à l'âme, il ne reste plus d'eau, et la mer s'en va.
13 mai 2007
urscene-(anagramme)
Ceux qu’on raccourcis, qu’on écorche de quelques phrases. Il y a ceux que l’on a bordé, dont on a pris soin à l’excès, comme des enfants surprotégés, pour qu’ils soient plus beaux. À l’état brut, ils ont parfois cet aspects secs et froids : trop vrais. Les mots trafiquent des phrases, les journaux sont des bouchons d’informations dans lesquels on peut facilement rester pris.
Les journalistes dans le monde peuvent parler de ce dont ils ont envie, pour autant que le sujet mérite qu’on s’y intéresse. La controverse n’est qu’un des moteurs de la presse : les débats font vendre, les maux délient les portefeuilles des curieux, les nouvelles vont vite, et, au risque de se tromper, on lance le plus vite possible toutes les informations.
À Regina, n’ayez crainte, vous ne saurez être bousculé dans des lectures de nouvelles bouleversantes. Avant de paraître, le tout nouveau journal électronique est toujours révisé pour assurer à vos yeux sensibles un spectacle informatif édifiant.
On crée un journal étudiant pour accéder à des articles qui parleraient des élèves qui traiteraient des projets des étudiants et qui serviraient de communications entres eux. Et nous voilà censurés.
Sacré collège.
29 mars 2007
J'ai une chanson dans la tête
Avez-vous entendu la dernière chanson de Christina Aguilera?
Avez-vous vu le film, Full metal Jacket?
C'est le même air. La même mélodie est en fond dans les deux. Dans le film, dans la première partie; dans candyman, la chanson.
Nananana, nanananana. Il faut que vous l'entendiez dans votre tête pour comprendre. C'est un sifflotement militaire, une toune d'armée.
Boum.
29 janvier 2007
Corridor
L'adolescence est un passage entre l'enfance et l'adulterie. Un tunnel quoi. Une voie qu'on emprunte seulement pour le plaisir de se rendre de l'autre coté. Comme si, en fait, on ne faisait que traverser une route. Pour rejoindre l'autre bord. C'est ardu et bouetteux en tant que simple détour, entendons nous. Mais, il semblerait n'être qu'un couloir. Corridor entre la tendre et légère période de nos débuts et une pièce d'où les responsabilités vous assaillent. Alors, ce n'est qu'un canal, L'adolescence n'est rien?
Non. L'Adolescence, c'est tout. L'Amour, la haine, l'amitié. Chaque sentiment décuplé. Chaque vertige est l'Everest, chaque saut, le Grand Canyon. Chaque lutte, c'est la mort. Et les ados. Desfois, on dirait plein de petits bonhommes qui se scrutent qui s'observent. Qui n'attendent que le sfaux pas des autres avant d'oser mettre leurs pieds. Parce qu'il ne savent pas où marcher. Le chemin est encore frais, neige fraîche immaculée. Ils attendent pour regarder les autres ressentir. Des sensations. Voir l'effet qu'elles ont sur nous, commenter chaque situation. Et juger, tous les juger, un par un, dès qu'ils perçoivent le moindre geste, apposer brutalement et sèchement une condamnation, qu'elle soit douce ou dure. Hypocritement, parler avec elle, avec lui: de elle ou de lui. Ne pas faire confiance. Pas trop.Je ne parle plus de l'adolescence, pardon: C'était la société. Léger dérapage.
L'ado: 101. Restons. Gardons le cap.
Comme tout est neuf. Même nos émotions. Les vissicitudes de nos semaines, les joies de nos coeurs rayonnent d'extrémité en extrémité. Nos sentiments ne sont pas déjà tous usés. Par le temps et l'usage. Surtout l'usage. Rien n'est comme la première fois. La vie devrait être une longue première fois. Non. Une comédie musicale.
On en reparlera.
Alors, toutes ces premières fois qui nous tombent dessus, elles font peur. Comme une grande roue qui roule et roule dans une nuit éclairée de manèges.
D'origine latine, grandir ou adolescer (synonyme), est probablement tangent à la souffrance et à l'apprentissage. J'imagine qu'il faut se péter la gueule pour assimiler de nouvelles informations. Ça rentre mieux dans les crânes.
Skippez la crise.
14 septembre 2006
Fusillade; Dawson
On est tous fous. À un degré plus ou moins élevé. On parle d'handicapés, de malades mentaux, de psychopates. On est tous enfermer dans notre tête. Dans une boîte de solitude infranchissable d'où fusent les pensées. Tellement différents. Comme si on se comprenait. Recroquevillés dans notre prison de lubies, notre structure varie façonnée par le flot d'évènements qui nous propulsent dans le monde. Comme une giclée d'émotions qui émousseraient notre âme.
On est tous fous. Un peu bizarre, d'une manière ou d'une autre. Comme si la norme existait. Il n'y pas de norme, il y a seulement un complot pour rejeter certaines différences. Avoir peur de la différence, c'est s'enfermer dans un immense mensonge. C'est croire que l'on détient la vérité; il n'y pas de vérité, il y a seulement des gens et des croyances.
On est tous fous. Et aujourd'hui, on peut craindre ceux qui sont marginalisés par une société «normale», on peut pleurer et crier contre les malades qui usent de violence, on peut ignorer, mais le fait est que tout le monde est différent et qu'il n'y a rien de moins prévisible que l'humanité.
02 septembre 2006
portail
Je viens d'essayer de me brancher sur Coba. J'ai échoué; je réessaierai plus tard. Tout le monde à Regina Assumpta connaît le principe de notre portail pédagogique. (D'ailleurs si vous êtes Reginiens et que vous ne savez pas de quoi je parle, sachez que vous avez un problème.) J'éxècre Coba. Je détestais Pluriweb.
Je suis nulle en informatique, c'est une réalité que j'ai admise au fil des années après avoir vainement tenté de me camoufler en utilisant uniquement Word. Pourtant, ma hantise des portails pédagogiques ne vient pas du fait que je suis incompétente devant un écran d'ordinateur. Pluriweb et Coba sont en tout premier lieu un moyen simple et efficace de comuniquer directement avec les parents. Au lieu de traverser la barrière étudiante, l'information file tout droit chez l'adulte responsable. Ainsi, les réunions, avertissements, examens ne se perdent plus dans un chamboulement de feuilles qui donne l'aspect à certains sacs à dos de bac de recyclage. La tâche ardue, pour certains, de transmettre les papiers importants à leurs parents est désormais éliminée.
C'est surtout très simple pour les parents d'avoir accès à tout: notes, avertissements, retards, absences, etc. Où est le problème?
Le «hic», c'est que lorsque je pose les yeux autour de moi, je ne vois plus des parents qui veulent développer un lien de confiance fort avec leurs enfants; je vois des gens qui veulent être assuré d'avoir des informations peu importe la méthode. Que ce soit par l'intermédiaire de leur jeune ou d'un portail informatique, quelle est la différence? Les élèves n'ont plus besoin de s'organiser, de se responsabiliser et d'assumer certaines mauvaises nouvelles à annoncer, tout est là. Maman sait déjà que la note de sciences physiques ne sera pas assez forte pour les sciences natures de secondaire cinq.
Je ne crois pas que les jeunes soient capables d'évoluer dans une école sans encadrement, sans strucutres et règles. Mais ils ont probablement autant besoin de sentir une confiance et un respect de la part de leurs parents. L'accès à Coba pour les parents est, selon moi, un contrôle inutile, autoritaire et il évite à bien des jeunes et des adultes de se parler et de se faire confiance.