Charmes...
Sur la scène du bistro culturel du Va et vient, jouait le groupe Caïman fu, samedi dernier. Journée froide, c’était le 10 février. La soirée commence avec quelques pièces du dernier opus du groupe : Les charmes du quotidien. À journée longue démarre pour faire monter la soirée. Isabelle Blais nous introduit doucement et gentiment chaque chanson et le tempo martèle l'air, même entre les pièces : les changements coulent. Le groupe recrée les sons spatiaux et mirobolants de leurs deux disques. Leur propos, légers et graves, réchauffent nos solitudes tristes de février et la chanteuse nous comunique tout le plaisir qu’elle prend à chanter ses textes. Anglais, français, suédois, espagnol se succèdent sans qu’on ne se sente dépaysé. Le spectacle est parsemé de nouvelles chansons. Isabelle Blais se déhanche nonchalamment, elle bouge sans barrière, sans gêne avec volupté. Leur style débridé, brut coule dans la mise en scène. Un mot pour la chanson C’est si simple qu’ils dédient à tous ceux qui n’ont pas pu rester : coup de cœur douloureux. L’ambiance est complice; peut-être est-ce le lien entre les musiciens qui nous rapprochent. La fluidité de la musique apaise. Leur connivence est tangible; on sourit. Le début enclenché à 10h00, s’achève par un court entracte. Et puis, tout reprend. Les accessoires embellissent la musique : abat jour d’ennui, paillettes de spleen et lampes de poche d’étoiles filantes nous éclairent. La voix frissonnante, sensuelle, puissante, électrisante d’Isabelle Blais s’insinuait dans les oreilles des spectateurs, assis, sirotant verres d’alcool dans cette ambiance douce de nuit. Minuit, on annonce le dernier numéro, pour se défouler. Continuer son chemin éclate; Isabelle est furax. Ils nous reviennent pour le rappel, une nouvelle chanson. On écoute avec attention et on se laisse bercer une dernière fois avant d’affronter l’air glacé qui patiente dehors.